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Archive for septembre 2008

Vous connaissez cette sensation : comment une fille peut-être si belle et en même temps si c.. ? Comment un couple peut-il avoir été si heureux et en être arrivé à presque se haïr ? Comment j’avais toute la journée libre et, à la fin, je n’ai rien fait ? Comment on était la meilleure équipe du tournoi et on s’est fait sortir au premier tour ? Comment j’ai demandé un Château Latour et on me le sert dans des pauvres verres en plastiques ? Comment je vais voir un Bergman et je me retrouve à côté d’une bonne femme qui répond aux acteurs ?

Oui…vous connaissez…il y a un très joli mot en français pour ça : c’est du gâchis !

Et bien voila le terme pour définir Vanished. Une série qui avait tout pour réussir : des excellents acteurs, un début plus que prometteur et une ambiance classique mais bien ficelée. L’histoire, pour ceux que ça pourrait éventuellement intéresser : la femme d’un sénateur des Etats-Unis disparaît le jour où elle donne une réception pour ses œuvres de charités. Au fur et à mesure de l’enquête, le FBI découvre que ce n’est que la partie visible d’un bien plus vaste complot. Simple. Classique. Et pourtant efficace, car dans les 5 premiers épisodes se mettent en place des énigmes, des questions et des théories qui mêlent la religion, la politique, un passé obscur et les problèmes de famille. Tout ça à la sauce contemporaine, c’est-à-dire par bribes éparses et incohérentes qui ne font que multiplier les attentes (pensons aux complications de Lost ou Heroes par exemple). Le problème c’est que la promesse n’est pas tenue et ce que l’on croyait être un magnifique scénario tordu devient un puzzle incompréhensible où les créateurs ne se donnent même pas la peine de répondre. TOUTES les questions qui naissaient dans les premiers épisodes restant sans réponses. Pourquoi Sara Collins (la magnifique Joanne Kelly d’autre part) a disparu il y 12 ans ? Pourquoi l’organisation secrète s’intéresse à la Bible ? Quel est le mystérieux informateur qui aide le FBI ? Que veut-il ? Quelle est l’organisation qui a séquestré la femme du sénateur ? Pourquoi les parents de Sara sont brouillés avec elle ? Pourquoi agit-elle bizarrement avec son mari des fois ? Silence radio. Pas d’explication. Pour seule conclusion une fin qui n’en est pas une et qui laisse tout en suspens. Une des pires dont j’ai le souvenir. Comme si les scénaristes rêvaient de revenir faire une autre saison un jour ou comme s’ils n’en avaient rien à faire des derniers épisodes.

Et cela à partir d’un fatidique épisode 7 où tout bascule et les choses se tordent. Ils ont du savoir à ce moment que la série ne serait pas renouvelée…

Pour:

– Ceux qui ne regardent que les 7 premiers épisodes d’une série

– Ceux qui s’en foutent de la cohérence de l’histoire

– Ceux qui croient que le gouvernement des Etats-Unis est dirigé par une organisation ultra secrète formée de différents lobbys, des chefs de la CIA, du chef du FBI, de fanatiques religieux, d’éminents professeurs et scientifiques corrompus, des services secrets, des plus grands juges du pays et de tout ce qui peut vous passer par la tête…(là il y en a qui sont plus convaincu)

Contre:

– Ceux qui ont du bon sens

– Ceux qui se sentent obligés de finir de voir une série (ne commençaient pas, il y en d’autres à voir…)  

    

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«Je suis donc un partisan de juger, lorsqu’il s’agit de juger, non des films mais des cinéastes», avait allégrement lancé François Truffaut (revue Art 15 mai 1957, in Le Plaisir des yeux) pour mieux mettre en place cette idée so frenchy qui connaîtra son heure de gloire sous le nom de «politique des auteurs». On ne saura jamais le mal qu’a fait une certaine sclérification des théories de la Nouvelle Vague dans le milieu de la critique institutionnelle.

Tout en divergeant donc de ces grands principes, il semble quand même logique de s’aventurer encore dans l’univers de Park Chan-wook, surtout si celui-ci a réussi jusqu’à présent un remarquable sans faute (sans avoir vu sa participation au film choral «3 extrêmes»). On se souvient avec plaisir de sa bouleversante « trilogie de la vengeance », exercice exemplaire dans sa façon de traiter sous différents angles complémentaires une même problématique universelle. Il est vrai que Sympathy for Mr. Vengeance, par sa crudité et la fraîcheur naturelle de sa mise en scène, et Old Boy, par sa virtuosité visuelle et narrative, étaient supérieurs à l’esthétisation plus contemplative de la décevante Lady Vengeance. On pouvait légitimement juger l’exercice quelque peu baroque et moralement discutable (surtout en ce qui concerne ce dernier opus), il n’empêche que le triptyque est devenu culte. On se souvient moins de Le Jugement, un de ses premiers courts-métrages où apparaissaient déjà ses sujets préférés, et surtout de l’incontournable Joint Security Area, extraordinaire fable sur l’amitié sur fond de guerre virtuelle entre les deux Corées. Un des sujets phares du cinéma coréen de ces dernières années (voir Kim Ki Duk ou Lee Chang-Dong) traité avec brio, retenue et efficacité.

Sa dernière œuvre, Soy un cyborg, marque une évidente rupture avec l’univers sombre et glauque qui avait fait sa renommé. Exercice de style risqué où l’on passe de la gamme des gris et des noirs à celle des roses flashy et des verts saturés. Une esthétique qui n’est pas sans rappeler Amélie Poulain grâce à laquelle Park Chan-wook s’aventure dans une comédie légère et déjantée qui prétend matérialiser les méandres de l’esprit. S’aventurant encore dans le monde des passions humaines, le cinéaste s’attaque cette fois à l’amour et la folie. En effet le film raconte comment un jeune homme enfermé dans un hôpital psychiatrique s’éprend d’une autre patiente persuadée qu’elle est un cyborg et qui refuse de se nourrir. Malheureusement, les défauts moins visibles dans ses films noirs, comme une mise en scène légèrement maniéré et des excès narratifs et esthétiques quelquefois agaçants, apparaissent ici plus clairement.

Une œuvre incomplète et inégale saupoudrée de quelques scènes très réussies qui sont la marque de l’univers si riche du cinéaste. Park Chan-wook nous fait du Park Chan-wook mais à l’eau de rose. Et ça marche moins bien. Peut-être que finalement Truffaut n’avait pas tort…ou si…Il faudra attendre le prochain film.

 

Réalisateur : Park Chan-wook

Genre : Comédie dramatique

Acteurs : Lim Soo-Jung, Jung Ji-Hoon, Choi Hee-Jin

Durée : 105 min             

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