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Archive for novembre 2008

cinema_nantesLe succès incontestable de Pedro Almodovar (notamment en France, où il est adulé par la critique et les spectateurs) et l’internationalisation de quelques grands acteurs espagnols ces dernières années (on pense évidemment à Pénélope Cruz et au tout fraîchement oscarisé Javier Bardem) a peut-être éclipsé un phénomène nouveau pour le cinéma ibérique : de plus en plus de films s’exportent à l’étranger.

Il n’est plus inhabituel de voir les productions du pays voisin occuper une bonne place dans les salles françaises. Et pour cause, au moment où l’on parle ici de la crise du cinéma national, il est indéniable que le septième art espagnol se porte bien, en tout cas en termes de quantité de films produits. Si l’on excepte un bon nombre de films co-produits par des pays différents mais dirigés par un espagnol, comme beaucoup de productions de Alex de la Iglesia, dont le tout récent Crimes à Oxford et le populaire Un crime farpait.

Les salles françaises proposent en outre beaucoup de nouveautés venues de l’autre côté des Pyrénées : Mataharis, Les sept Vierges , L’Orphelinat (sorti il y a quelques semaines), Rec cette semaine, ou bientôt Dans la ville de Sylvia … Il semble ainsi que le marché se soit modifié ces dernières années, et que l’Espagne a désormais cessé d’être uniquement un pays consommateur, pour devenir un producteur de cinéma. Les chiffres sont assez significatifs sur ce point : selon le CNC, l’Espagne ne cesse d’augmenter le nombre de long-métrages qu’elle produit, et a presque doublé la quantité entre 1999 (82) et 2006 (150). Les recettes et les nombres d’écrans ont eux aussi connu une forte hausse. Pour la grande majorité de ces statistiques, l’Espagne se situe devant l’Angleterre et l’Allemagne (des cinématographies relativement faibles) mais, surtout, devant l’Italie, une référence du septième art européen.

Toutefois, ce boom n’est pas qu’une question de chiffres et de quantité : il s’agit davantage ici de qualité, le cinéma espagnol ayant su se diversifier de manière étonnante, et ne pas tomber dans les « dangers » d’une image stéréotypée qui exporterait de l’Almodovar de seconde catégorie. Un humour bien à lui, des histoires quotidiennes proches et bien ficelées, un cinéma d’épouvante très efficace et quelques grands créateurs dans l’ombre du maestro castillan, sont quelques clés de ce succès.
Ainsi l’Espagne a-t-elle emprunté une des formules qui a le plus réussi au cinéma français ces dernières années : la superproduction humoristique. Evidemment, chaque humour a ses caractéristiques et l’investissement n’est pas toujours aussi fabuleux que pour les sagas d’Astérix ou de Taxi, mais le cinéma espagnol a amassé ces dernières années de gros revenus grâce à ce nouveau genre. Pour certains films (comme la sagas de Torrente ou les héros de BD Mortadelo y Filemon) un style d’humour autochtone a fait que le triomphe fut plutôt national. Pourtant, d’autres créations, comme Un crime farpait, ont connu un bon accueil en France.cinema_espagnol

En plus de l’humour, le cinéma espagnol s’est aussi caractérisé ces derniers temps par la qualité de ses œuvres de suspense ou d’épouvante. Sa production cinématographique est devenue une référence en la matière grâce au fragile équilibre qu’elle a trouvé entre les grosses productions multinationales, comme les récents Labyrinthe de Pan (avec son casting relativement riche, et une partie de la production d’origine espagnole, même si le directeur, Guillermo del Toro, est mexicain) ou L’orphelinat ; et les produits moins commerciaux mais de grand mérite, comme Rec.

Le réalisateur de ce dernier film, Jaume Balaguero, est d’ailleurs représentatif d’une nouvelle génération de cinéastes et cinéphiles, maîtres des techniques cinématographiques classiques, et qui connaissent aujourd’hui une belle réussite. Le chef de file de ce mouvement demeure Alejandro Amenabar qui, après trois long-métrages marqués par le suspens (dont le second Abre los Ojos donna lieu à Vanilla Sky, la reprise américaine interprétée par Tom Cruise notamment), a connu un grand triomphe avec Mar Adentro, Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2004.
Un beau panorama se dessine donc, derrière la figure imposante de l’ultra médiatique Almodovar. Un de ceux qui vivent dans l’ombre du réalisateur castillan mais qui mériteraient sans doute davantage de « visibilité », est Julio Medem. En France, c’est dans Lucia y el sexo que l’on a découvert son monde onirique et féerique, une sorte de fable postmoderne et mystique. Il est vrai que ses œuvres sont d’un accès plus complexe, mais on se laisse souvent bercer par sa beauté et ses belles inventions formelles. On attend dans les salles, pour les semaines prochaines, son dernier opus Caotica Ana. Dans le sillage de ce cinéma plus intime et personnel, s’inscrivent aussi de belles réussites d’art plus réaliste et, quelquefois, dramatique. On pense à Isabel Coixet qui a réussi à être une des réalisatrices du polyphonique Paris Je t’aime grâce au bon accueil réservé à ses films précédents, Ma vie sans moi et The secret life of words. Mais c’est surtout Fernando Léon de Aranoa qui, avec une très fine pointe d’humour dans les situations les plus compliquées, excelle dans le genre. Toutes ses œuvres sont des incursions poétiques et justes dans la vie quotidienne de l’Espagne moderne : Familia, basée sur les problèmes de famille, Barrio, réflexion sur le nouveau phénomène des banlieues dans le pays ibérique, Los lunes al sol, ou comment contrecarrer les difficultés du chômage et Princesas, traitant du monde de la prostitution.

N’oublions pas l’apparition ces dernières années de plusieurs films remarqués dans les circuits moins fréquentés. Ainsi, les documentaires de José Luis Guerin (qui va sortir dans quelques semaines en France son nouveau film Dans la ville de Sylvia), les créations intimes et profondes de Marc Récha, dont Pau et son frère, présenté en compétition dans la Sélection officielle du Festival de Cannes en 2001, et le plus récent Honor de Cavalleria, de Albert Serra, qui faisait partie de la sélection officielle lors de la 38ème édition de la Quinzaine des Réalisateurs au festival de Cannes 2006.
cinema-nantes-2Il apparaît ainsi que, même si les spécialistes, comme presque partout ailleurs, parlent d’une crise du cinéma en Espagne, il existe pourtant de nombreux réalisateurs intéressants et suffisamment solides pour succéder à Pedro Almodovar. Une cinématographie multiple et complexe qui réussit à marier assez bien les genres que les sensibilités esthétiques. Pour le public français, le débarquement, ces derniers temps, d’une multitude de films espagnols, est l’occasion de découvrir cette richesse cinématographique plutôt méconnue. N’oublions pas que l’Espagne est le pays qui a remporté le plus d’Oscars du meilleur film en langue étrangère ces derniers 15 ans (trois statuettes exactement). Ce n’est plus un hasard.

Article originairement publié dans Iletaitunefoislecinema

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oilnoose

Campagne du site Thingsarefine.org

Il y a d’autres images très bien trouvées ici.

La création est de l’Agence Borders Perrin Norrander

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Pour ceux qui pensent encore que les séries ne valent pas la peine, que le cinéma c’est toujours quand même mieux, quand même «autre chose», voilà deux exemples de scènes du niveau d’un bon film. Très bon rythme, montage prenant et extraordinaire musique de Johnny Cash dans les deux cas (l’épique The Man Comes Around). La première est la scène finale du dernier épisode de la première saison de Terminator : The Sarah Connor Chronicles, une série intéressante qui reprend (et améliore sur beaucoup de points) l’histoire du film. La seconde est la dernière scène d’une «mini-serie» incroyable que HBO a diffusé cet été et dont je vous ferait bientôt la critique : Génération Kill. Un des meilleurs produit audiovisuel sur la guerre. Tout parfaitement construit. Un vrai bon moment de…cinéma…finalement.

 

 

 

 

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menintrees

Une conseillère en relations amoureuses, Marin Frist (la très populaire, pour ses revendications sexuelles, Anne Heche) découvre, à l’aube de ses fiançailles, que son petit amoureux l’a trompée. Bouleversée par cette catastrophe, d’une ironie plus que discutable, elle commence une remise en question profonde sur le sens des relations amoureuses (il était temps !) et sur les priorités vraiment essentielles de la vie. Et bien sûr, comme souvent, elle va nous en faire profiter par un merveilleux monologue intérieur en voix-off d’une profondeur sans égale (un jour, on fera un post sur le rôle des voix-off dans les séries contemporaines).
Pendant que cette starlette fashion de Manhattan tente, tant bien que mal, de surmonter cette horrible destinée qui s’abat sur elle, la voilà coincée dans un village d’Alaska (Elmo) par une tempête de neige. Et sans bottes, en plus…Vous devinez la suite ? Oui…elle découvre un monde nouveau, plein de simplicité et d’humanisme, où les hommes (des bûcherons haut et forts de préférence) ne s’embarrassent pas de faux problèmes de couples et où la joie de vivre et la sincérité des gens compense les énormes difficultés de cette terrible vie sans sacs Gucci, robes en tout genre et restaurants gastronomiques.menintrees-2
Le bienheureux état de Nature contre les corruptions de la vie citadine; comme si Carrie Bradshaw (Sarah Jessica Parker) et ses copines décidaient d’aller se ressourcer en Patagonie. A part ça pas grand-chose de plus : un bûcheron plus « spécial » que les autres, quelques personnages auquel plus niais (dont, bien sûr, la prostituée-meilleur amie), beaucoup de bonheur gluant et dégoulinant, l’extase de la découverte des bonheurs de la pêche…
Un ressourcement intérieur comparables aux voyages de Ally Mc Beal aux toilettes, un voyage iniatique Into the Wild dont la seule folie est l’invasion d’un raton laveur dans la chambre d’hôtel de Marin et une sœur qui lui vole la vedette le jour de son anniversaire. Le résultat sonne aussi faux que le photomontage que j’utilise pour le post.
Pour :

-Ceux qui veulent regarder quelque chose et oublier leur cerveau un bout de temps
-Ceux qui aiment les ratons laveurs, les caribous, les bûcherons…
-Ceux qui aiment l’humour con
Contre :

-Tous les autres (et il y en pas mal…)

 

nota-9sur20-blanc

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studio_60_on_the_sunset_strip_01

 

Un des plaisirs à redécouvrir : les séries finis. Contrairement à ce qui passe en ce moment, l’impression qui règne est qu’on ne peut développer indéfiniment et artificiellement les problématiques, que les personnages ont une certaine durée de vie ou ils finissent par ne plus paraître réalistes. C’est la cas pour cette série : 1 saison, 22 épisodes, pas un de plus, pas un de moins.

Studio 60 on The Sunset Strip est une émission de divertissement très populaire Outre-Atlantique qui décide de se renouveler, après un scandale on-line avec l’ancien présentateur, en recrutant Matt Albie (Matthew Perry) et Danny Tripp (Bradley Whitford), deux talentueux scénaristes qui devraient apporter une certaine fraîcheur au show. Pour les aider dans leur tache, et défendre une télévision de qualité, Jordan Mc Deere (Amanda Peet) est nommée directrice de la chaîne (NBS). L’histoire n’est pas magnifique mais on y croit. Les acteurs sont presque tous excellents et une ambiance qui pourrait vite devenir lassante permet de voir les coulisses du petit écran et, surtout, l’amour qu’ont les américains pour le spectacle. On n’est pas là dans le superflu et le divertissement mais dans l’image d’un pays qui se joue dans la qualité de ses programmes.
Rien n’est épargné : les ultra-catholiques, la téléréalité, la presse qui cherche à fouiner dans le passé des présentateurs…et tout cela avec des guest-stars de haut niveau (dont Sting chantant un très beau morceau au luth).
Le réalisateur, Aaron Sorkin, est le même qui a fait la très populaire A la maison Blanche et Perry se débarrasse enfin de son étiquette de ex-Friends et des navets qu’il a fait au cinéma. On aurait souhaité que ça dure un peu plus longtemps mais son charme est peut-être aussi celui du produit limité. Quelques séries devraient peut-être en faire de même.
Pour :
-Ceux qui aiment les belles histoires d’amour
-Ceux qui veulent connaître les illusions sur lesquelles vit l’Amérique
-Ceux qui aimaient Matthew Perry (même ceux qui l’aimaient pas)
Contre :
-Ceux qui n’aiment pas le show biz
-Ceux qui cherchent plus que des relations personnelles

nota-16sur20-blanco1

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Lost, always Lost…

Pour ceux qui pensent que Lost est trop compliqué, pour ceux qui veulent voir la Saison 5 (ou la 4) sans rester trois jours enfermés chez eux, pour ceux qui veulent se rappeler de tout ce qui s’est passé dans cette super série, pour ceux qui croient que le cinéma et (surtout) les séries c’est rallonger une histoire qui pourrait être racontée en trois minutes, pour ceux qui n’arrivent même pas à expliquer à quelqu’un un épisode de Lost en moins de temps que l’épisode en soi (et je les blâme pas…), pour ceux qui ont huit minutes marrantes à perdre, pour ceux qui ont acheté Comment parler des livres que l’on a pas lu et qui voudrait faire la même chose pour cette série et, finalement, pour les fans quand même, voilà une bonne vidéo récapitulative…

 

 

Et puis, pour ceux qui ne peuvent pas attendre, pour ceux qui sentent déjà monter l’adrénaline, pour ceux qui se souviennent des nuits fiévreuses devant la télévision, pour ceux qui prennent presque plus de plaisir à imaginer qu’à vraiment voir, voila un (mais beaucoup circulent sur le Net) un teaser de la saison 5.

 

 

Finalement, pour ceux qui ont encore un certain esprit critique et qui savent, dans le fond, qu’il y a quand même beaucoup de questions sans réponses, beaucoup de libertés dans le scénario et beaucoup de vides à remplir voila une caricature (devenue classique) du final de Lost. Et pour les hispanophones, deux critiques de journalistes espagnols (de leur blog sur les séries) de El Pais et El Mundo. Chacune, à sa façon, hilarante.

 

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Critique Camino

camino2

Laissons la polémique sur l’Opus Dei de côté, oublions le débat agité sur les croyances pour un moment, négligeons les circonstances dans lesquelles se déroule le drame. Si nous arrivons à cela, nous voilà simplement face à un «défi sans pareil», comme le décrit justement Ricoeur (dans Le mal, parfait contrepoint théorique au problème qui nous occupe): la souffrance immérité, injuste et arbitraire d’une jeune fille qui finira par mourir. Car, dans le fond, c’est de ça qu’il s’agit. Javier Fesser nous le fait savoir dès la première scène qui nous montre d’emblée la mort de Camino, la jeune fille en question. Puis flash-back, cinq mois en arrière. On se dit alors que l’on va logiquement assister au chemin qui mène à cette fin douloureuse. Et, en spectateur averti et blasé, on se dit que l’on ne va pas tomber dans les «pièges» narratifs que le réalisateur ne va pas manquer de nous poser.

Seulement voilà, Fesser fait partie de ces cinéastes doués, premier dans une classe imaginaire sur «Comment bien tourner un film?». Un peu comme Shyamalan pour le fantastique ou Allen pour l’humour. C’est pourquoi nous finissons par céder, un nœud à la gorge, à l’horreur que représente la souffrance sans raisons, la douleur sans cause. Une œuvre bien menée qui compte, de plus, avec quelques plans remarquables de justesse et de réflexion. On pense notamment à ce symbolique travelling inachevé (ou pas) qui suit le regard de Camino vers le canapé placé au pied de son lit. On ne saura jamais vraiment ce que chacun voit…

Mais, bien sûr, il y aussi l’Opus Dei. Car cette petite fille vit dans une famille très religieuse, élevée dans une dévotion extrême et entourée de personnes dédiées entièrement aux préoccupations chrétiennes. Mais cela reste marginal. Non qu’il n’y ait pas de remarques ou d’attitudes qui semblent incompréhensibles et choquantes, non que l’univers onirique et surréaliste de Fesser n’investisse pas entièrement le récit jusqu’à une scène finale provocatrice où se mêlent religion et rêves d’adolescent, mais cela ne cache pas la question principale. Cela provoque des troubles et des doutes (nécessaires et salutaires) mais qui n’auraient aucun intérêt si le réalisateur n’arrivait pas à nous intéresser à la question, à celle qui compte, celle que Ricoeur reprend des Psaumes et du livre de Job, celle de l’irréductibilité de la souffrance.      

 

Réalisateur: Javier Fesser

Genre: Drame

Acteurs: Nerea Camacho, Carmen Elías, Mariano Venancio

Durée: 143 min

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